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Le 8 mai 1945, l'histoire se trouvait à Reims | 08 mai 2008

Le 8 mai 1945, l'histoire se trouvait à Reims

63ème anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945, souvenons nous...

 

Publié par tricolor à 23:55:32 dans Reims Champagne - C'est à Reims ! | Commentaires (0) |

Où vit-on le mieux en France? Reims peut encore mieux faire ! | 05 mai 2008

Où vit-on le mieux en France? Reims peut encore mieux faire !

Je n'avais pas eu le temps matériel de développer l'excellent article du magazine Le Point N° 1858, paru il y a une dizaine de jours sur l'endroit ou on vit le mieux en France.

A ma grande surprise Reims peut encore mieux faire dans ce classement par rapport à d'autres métropoles. Le tableau d'honneur que lui confére Le Point place Reims à la 17ème place sur 100 villes. La première étant Nantes (et cela reste inchangé depuis 2003 pour cette ville).

Reims montre une évolution à la hausse depuis le premier classement de 2003 et c'est tant mieux malgré le chemin qui reste à parcourir.

Ce classement découpé en plusieurs phases montre les résultats suivants pour Reims:

Où travailler en France ?

Reims est 22ème sur 100 >> 8,6% de demandeurs d'emplois (Toulouse 1ère ville)

Ma ville est-elle active ?

Reims est 11ème sur 100 >> (le classement comprend le parcours en TGV avec Paris, le PIB régional, les investissements...) je vous renvoie au Point pour les détails. Ce résultat n'est pas si mal puisque Reims se situe en dessous de la 15ème ville, la première étant Paris.

Où se loger ?

Reims est 63ème sur 100 >> Avec seulement 25% de propriétaires, c'est vraiment un mauvais résultat pour Reims ou le prix du neuf comme de l'ancien devient inabordable (merci le TGV). La première ville est La Roche-sur-Yon.

Routes: Ma ville est-elle sûre ?

Reims est 14ème sur 100 >> Reims peut mieux faire, la première ville est Le Havre.

Délinquance: Ma ville est-elle dangereuse ?

Reims est 54ème sur 100 >> c'est un carton rouge que récolte Reims en la matière avec un taux de criminalité de 87,62 pour mille habitants. Pas étonnant quand on voit que la récupération d'un sac contenant 47 kilos de cannabis par les forces de l'ordre (dimanche il y a 8 jours à provoqué une mini-émeute dans le quartier d'Orgeval). La ville la plus sûre du classement est Le Mans.

Ma ville est-elle riche ?

Reims est 25ème sur 100 >> c'est un résultat moyen puisqu'il n'y a que 52% de contribuables imposables. On aurait pu s'attendre à mieux vu la richesse produite par le Champagne mais combien a-t-on laissé "filer" d'industries entre temps ? Merci la municipalité sortante ! La première ville du classement est évidemment Paris.

Où étudier ?

Reims est 36ème sur 100 >> franchement là aussi on aurait pu s'attendre à mieux. Avec un taux de réussite au bac en baisse depuis 2003 et avec seulement 14,8% d'étudiants et 3 classes préparatoires, il est urgent de relancer le pôle étudiant à Reims. La première ville du classement est Versailles.

Ma ville est-elle agréable ?

Reims est 73ème sur 100 >> bon, là c'est un résultat spécial puisque le classement prend en compte la distance à parcourir jusque la Mer ou la montagne, les températures ou la durée annuelle d'ensoleillement... Nous avons 4 étoiles au classement des villes fleuries (une 5ème serait pas mal). Le kilomètrage des pistes cyclables avec 32,1 km devrait augmenter ce qui serait une bonne chose. La première ville est Nice.

Où se distraire ?

Reims est 29ème sur 100 >> Qui n'a jamais dit qu'après 22h00 à Reims c'est mort ? La première ville est Paris évidemment (record de cinémas, musées, zénith...)

Ma ville est-elle dynamique ?

Reims est 65ème sur 100 >> carton rouge puisque la ville a perdu 2% de ses habitants depuis les dernières données du recencement. On verra si l'effet TGV escompté par l'ancienne comme la nouvelle municipalité va provoquer l'électrochoc espéré. En tout cas il est urgent de réagir car perdre des habitants c'est perdre de la fiscalité, du commerce, du dynamisme et ce n'est jamais bon pour une ville qui somme toute n'est qu'à 45 min en TGV de Paris. La première ville est Toulouse (merci le soleil, merci Airbus...)

A vos commentaires (s'il y en a...) et mesdames et messieurs les élus municipaux: au boulot !

Nico

Pour connaître le résultat complet du classement >> www.lepoint.fr rubrique recherche: Où vit-on le mieux en France ?

 

Publié par tricolor à 18:28:55 dans Reims Champagne - C'est à Reims ! | Commentaires (0) |

Mai 68 - Un "héritage" à enterrer au plus vite ! | 04 mai 2008

Mai 68 - Un "héritage" à enterrer au plus vite !

On parle beaucoup de mai 68 en ce moment et pour cause, les événements de ce fameux mois de mai fêtent leur 40ème anniversaire.Les nostalgiques en parlent surtout ; ceux qui ont décrié le capitalisme en sont aujourd'hui les nantis. Nantis car ils ont brisé notre génération. Eux qui voulaient faire souffler le vent contestataire n'ont fait qu'emprisonner les jeunes d'aujourd'hui.

Moi qui suis né 9 ans après ces fameux événements ne peux bien entendu pas en parler en vécu mais je peux en parler en termes de résultat ressenti.

Ce résultat est désespérant et si rien n'est fait il ne fera qu'empirer. On le voit aujourd'hui dans les tentatives de réformes que la France tente d'imposer à tous pour que demain soit meilleur et non pire qu'aujourd'hui. Pourtant les corporatismes luttent sans merci pour bloquer ces réformes indispensables à la France et ils tentent de nous faire croire qu'on peut aujourd'hui aussi bien vivre qu'eux sans rien changer.Il n'en est rien, car ces syndicats, lobbies, corporatistes ont vécu sur notre dos depuis justement mai 68.

Parce qu'il ne fallait plus faire d'efforts, parce qu'il ne fallait rien changer notre dette à explosé. Le chômage est toujours présent depuis 30 ans, le Cdd est devenu la référence des jeunes et l'immobilier inaccessible pour beaucoup et je passerai le déficit chronique de la Sécurité Sociale ; la liste n'est pas exhaustive.Tout cela parce que depuis 30 ans, 40 ans personne n'a voulu faire d'efforts et nous en payons aujourd'hui le prix et nous n'avons pas fini !

La génération d'aujourd'hui en paie les pots cassés pour les erreurs de nos parents qui demandaient plus, toujours plus pour qu'au final il ne reste rien. Car il n'y a plus rien, nous n'avons plus rien !Alors les « révolutionnaires » de 68 perdent en ce mois de mai 2008 une bonne occasion de se taire. Les Cohn-Bendit (député européen à 12 000 euros par mois) et autres excités de cette époque s'en sont bien sorti – ils n'ont qu'à demander aux jeunes d'aujourd'hui comment ils se sentent.

Alors, en conclusion, je me souviens qu'en 2007 Nicolas Sarkozy avait souhaité la liquidation de l'héritage de mai 68 et bien moi je souhaite son enterrement pure et simple !

Nico

Pour parfaire ce petit billet je vous invite aussi à lire un excellent article publié par le New York Times qui revient sur cette période : « Mai 68 divise encore les Français » Barricades of May '68 Still Divide the French

NANTERRE, France — Forty years ago, French students in neckties and bobby socks threw cobblestones at the police and demanded that the sclerotic postwar system must change. Today, French students, worried about finding jobs and losing state benefits, are marching through the streets demanding that nothing change at all.

May 1968 was a watershed in French life, a holy moment of liberation for many, when youth coalesced, the workers listened and the semi-royal French government of de Gaulle took fright.

But for others, like the current French president, Nicolas Sarkozy, who was only 13 years old at the time, May 1968 represents anarchy and moral relativism, a destruction of social and patriotic values that, he has said in harsh terms, “must be liquidated.”

The fierce debate about what happened 40 years ago is very French. There is even a fight about labels — the right calls it “the events,” while the left calls it “the movement.”

While a youth revolt became general in the West — from anti-Vietnam protests in the United States to the Rolling Stones in swinging London and finally the Baader-Meinhof gang in West Germany — France was where the protests of the baby-boom generation came closest to a real political revolution, with 10 million workers on strike, and not just a revulsion against stifling social rules of class, education and sexual behavior.

For André Glucksmann, a prime actor then and still a famous “public intellectual,” May 1968 is “a monument, either sublime or detested, that we want to commemorate or bury.

“It is a ‘cadaver,' ” he said, “from which everyone wants to rob a piece.”

Mr. Glucksmann, 71 and still with a mop of Beatles-like hair, wrote a book with his filmmaker son, Raphaël, 28, called “May 68 Explained to Nicolas Sarkozy.”

Mr. Sarkozy, in a stinging campaign speech a year ago as he ran against the Socialist candidate, attacked May 1968 and “its leftist heirs,” whom he blamed for a crisis of “morality, authority, work and national identity.” He attacked “the cynicism of the gauche caviars,” the high-livers on the left.

In 1968, “The hope was to change the world, like the Bolshevik Revolution, but it was inevitably incomplete, and the institutions of the state are untouched,” Mr. Glucksmann said. “We commemorate, but the right is in power!”

As for the French left, he said, “It's in a state of mental coma.”

For Raphaël Glucksmann, who led his first strike at high school in 1995, his generation has nostalgia for their rebel fathers but no stomach for a fight in hard economic times.

“The young people are marching now to refuse all reforms, to defend the rights of their professors,” he said. “We see no alternatives. We're a generation without bearings.”

The events (or movement) of 40 years ago began in March at Nanterre University, just outside Paris, where a young French-born German named Daniel Cohn-Bendit led demonstrations against parietal rules — when young men and women could be together in dormitory rooms — that got out of hand.

When the university was closed in early May, the anger soon spread to central Paris, to the Latin Quarter and the Sorbonne, where the student elite demonstrated against antiquated university rules, and then outward, to workers in the big factories.

Scenes of the barricades, the police charges and the tear gas are dear to the French, recaptured in every magazine and scores of books, including one by photographer Marc Riboud, now 84, called: “Under the Cobblestones,” a reference to a famous slogan of the time from the leader-jester, Mr. Cohn-Bendit, now a member of the European Parliament: “Under the cobblestones, the beach.”

Mr. Cohn-Bendit, known then as “Danny the Red” for the color of both his politics and his hair, is also thought responsible for other famous slogans of the time: “It is forbidden to forbid” and “Live without limits and enjoy without restraint!” — with the word for enjoy, “jouir,” having the double meaning of sexual climax.

The injunction was especially potent in a straight-laced country where the birth-control pill had been authorized for sale only the year before, noted Alain Geismar, another leader of the time.

Mr. Geismar, a physicist who spent 18 months in jail — but later served as a counselor to government ministers — wrote his own book, “My May 1968.”

Now 69, Mr. Geismar, a former Maoist, uses an iPhone. He happily displays his music catalog, which is mostly Mozart.

The movement succeeded “as a social revolution, not as a political one,” he said. While the de Gaulle government responded with the police and mobilized troops in case the students marched on the presidential palace, he said the idea never occurred to student leaders, who talked of revolution but never intended to carry one out.

Most significantly, Mr. Geismar noted, the movement was “the beginning of the end of the Communist Party in France,” which deeply opposed the revolt of these young leftists it could not control.

The leftists also managed in important ways to break the party's authority over the big industrial unions.

The society of May 1968 “was completely blocked,” Mr. Geismar said — a conservative recreation of pre-World War II society, shaken by the Algerian war and the baby boom, its schools badly overcrowded.

“As a divorced man, Sarkozy couldn't have been invited to dinner at the Élysée Palace, let alone be elected president of France,” Mr. Geismar said. Both the vivid personal life and political success of Mr. Sarkozy, with foreign and Jewish roots, “are unimaginable without 1968,” he said. “The neo-conservatives are unimaginable without '68.”

André Glucksmann, who still supports Mr. Sarkozy as the best chance to modernize “the gilded museum of France” and reduce the power of “the sacralized state,” is amused by Mr. Sarkozy's fierce campaign attack on the events of May 1968.

“Sarkozy is the first post-'68 president,” Mr. Glucksmann said. “To liquidate '68 is to liquidate himself.”

But there is also a fashionable absurdity to the commemoration. The designers Sonia Rykiel and Agnès b. discuss their views of May 1968 in every magazine, there are documentaries and discussions on every channel and a Parisian jeweler, Jean Dinh Van, Vietnamese-born, has reissued a silver cobblestone pendant he made at the time, “to celebrate 40 years of liberty” — and, in his case, success. (The smallest, with chain, $275.)

Even Fauchon, the expensive gourmet store whose color is hot pink, has lined up with the zeitgeist. The store is selling a metal box containing green tea from China called “le thé Mai 68” and adorned with slogans (including: “poetry is in the streets” and “imagination to power”). Described as “subtly perfumed with exotic fruits, grapefruit, bits of lemon peel and rose petals,” Fauchon calls it “the tea with the perfume of revolution.” Price: about $23.50.

Mr. Sarkozy himself is trying to get into the spirit. In April he met Mr. Cohn-Bendit who gave him a copy of his own book, called “Forget 68” and inscribed it, naughtily: "For Nicolas. Imagination to power, but when? Greetings. Dany." Mr. Sarkozy "laughed and said, ‘I'll read it,”' Mr. Cohn-Bendit said.

"I say forget May 1968," he said. "It's finished. Society today bears no relationship with that of the 1960's. When we called ourselves anti-authoritarian, we were fighting against a very different society."

Jean-Pierre Le Goff is a sociologist at the National Center for Scientific Research and author of “May 68, The Impossible Inheritance.” May 1968 “belongs to no one,” he said. But he finds a deep fault, an abyss between generations. Then, “the great mass of youth was on the stage of history as an actor for the first time, and there was an ideology of positivism and progress.”

Now, France is depressive, he said, “and the young are afraid of everything.”

At Nanterre, a sprawling university on the edge of Paris with some 32,000 students, a poster in the library advertises a lecture on Marx entitled: “An analysis still valid, but needing several corrections.” A student has drawn an “X” over Marx's brain and written: “All this is finished!”

If in 1968, students wanted a freer, better life than their parents, today students want to live no worse. Thomas Wastin, 24, is studying human resources, and says that students simply reflect the larger society. “Forty years ago, they wanted to change everything,” he said. “But today students aren't selfish, exactly, but they are very worried about losing what they have. Today, we march and say, ‘Don't touch the system.' ”

Raphaël Fonfroide, 22, an art-history student with a ponytail and a beard, said the real impact of 1968 was personal, not political. “All this for us is pretty abstract,” he said. ”We grew up in a world where most of our parents are divorced,” and the children bore the brunt of the new liberalism. The year 1968 “changed our parents, but the world was supposed to change, and it didn't.”

Gregoire Le Ber, 22, said that “today, it's impossible for us to conceive of a new system, as they did, but we can make the world better incrementally,” citing issues of the environment and social justice.

Virginie Mullet, 21, is studying history. “We're all worried about how to work in this France,” she said. As for May 1968, “all this is a little overdone,” she said. “It's all these old people celebrating themselves.”

www.nytimes.com

Publié par tricolor à 13:34:22 dans France | Commentaires (0) |

USA Campaign 2008 - La publicité est toujours une arme dans la campagne électorale | 03 mai 2008

USA Campaign 2008 - La publicité est toujours une arme dans la campagne électorale

Comme vous le savez, la publicité électorale est toujours autorisée aux Etats-Unis contrairement à la France. Les candidats ne s'en privent d'ailleurs pas et ils l'utilisent souvent fort adroitement.

Pour se remémorer quelques bons souvenirs, je vous propose d'aller sur le site http://livingroomcandidate.movingimage.us/ qui publie l'intégralité des pub des candidats américains à la présidence des Etats-Unis. Le site fait une remontée historique de 1952 ( à l'époque d'Eisenhower) jusqu'en 2004 avec le combat entre George W.Bush et John Kerry. A Visiter...

Et pour savoir ce que donne une pub politique de 2008, et bien visionnez celle-ci : 

Cette pub est proposée par Hillary Clinton et contre Barack Obama de suspendre la taxe fédérale de 18,4 ¢ sur l'essence pendant la période estivale. La sénatrice de New York estime qu'une telle mesure permettra aux familles d'économiser 8 milliards de dollars pendant cette période ou les déplacements sont si nombreux. Obama rétorque lui que cette idée ne fera même pas économiser 30 dollars par famille.

Nico

Publié par tricolor à 22:22:40 dans USA Campaign 2008 | Commentaires (0) |

François Fillon ne renoncera pas aux réformes promises - interview du JDD du 27 avril 2008 | 27 avril 2008

François Fillon ne renoncera pas aux réformes promises - interview du JDD du 27 avril 2008

J'ai lu ce matin dans le journal du dimanche que je vais acheter chaque semaine une interview intéressante du Premier Ministre, François Fillon. Ceci fait suite à l'intervention du président de la république jeudi soir. On peut notamment lire dans cette interview que François Fillon garde le cap des réformes et annonce clairement que la France ne peut plus reculer après plus de 20 ans d'abandon.  A lire donc....

Nico


Propos recueillis par Virginie LE GUAY
Le Journal du Dimanche

Vous réclamiez une feuille de route. L'avez-vous aujourd'hui?
La feuille de route, je la connais. L'intervention du Président répondait plus à une demande des Français. La réforme bouscule: les interrogations sont nombreuses, des tensions se manifestent. Il était nécessaire de redonner le cap. Le président de la République l'a fait simplement, avec franchise. Sans rien cacher aux Français des difficultés rencontrées.

Pour expliquer ses difficultés, Nicolas Sarkozy a invoqué le contexte international: crise des subprimes, baisse du dollar, prix du pétrole... Tous les pays européens sont logés à la même enseigne: certains ont des meilleurs résultats que la France...
La France a pris du retard. Depuis vingt ans, notre pays hésite à entrer dans le 21e siècle. Il s'est accroché à une époque bénie où les grandes puissances se partageaient la production des richesses du monde et a fait pendant trop longtemps comme si cette situation devait durer toujours. Si nous voulons rattraper ce retard, nous devons faire vite. Ce qui se joue en ce moment dépasse largement la popularité de Nicolas Sarkozy, la mienne ou celle de la majorité. Il s'agit de savoir si la France est capable de se redresser ou si elle va s'orienter de façon durable vers le déclin. Et il y a un an, nous avons fait un choix: celui de faire toutes les réformes en même temps pour relancer notre pays.

"Toutes les réformes en même temps". Un choix critiqué jusque dans votre camp. Trop de réformes tuent la réforme disent certains. Hervé de Charrette a accusé Nicolas Sarkozy de rendre la "réforme haïssable".
La France n'a pas de temps à perdre. Ceux qui appellent à moins de réformes, sont souvent ceux qui n'en n'ont jamais fait. Et pour lesquels la réforme acceptable est une réforme d'apparence. Une réforme superficielle, sans effet. Quand je vois ce qui a été fait, ou plutôt ce qui n'a pas été fait, depuis vingt-cinq ans, je me demande qui est vraiment en mesure de nous donner des leçons en matière de réforme.

Les Français doutent de la méthode suivie. D'autant qu'ils ne constatent aucune amélioration de leur niveau de vie...
Que les Français soient préoccupés, inquiets, critiques à l'égard des réformes, je l'entends. Mais tous peuvent comprendre que les réformes lancées il y a un mois, trois mois, six mois ne peuvent déjà avoir des résultats. Pour les heures supplémentaires, par exemple, la feuille de paye augmente dès maintenant, mais la feuille d'impôt baissera l'année prochaine, lorsque les Français payeront leurs impôts.

Vous évoquez le bouclier fiscal: un "cadeau fait aux riches" disent les Français...
Mettre en place un bouclier fiscal, c'est reconnaître qu'on ne doit pas travailler plus de la moitié de son temps pour l'Etat. Ecraser de fiscalité les Français qui réussissent, c'est les encourager à se délocaliser. On ne peut pas rester les bras croisés face aux Français qui quittent chaque année notre pays pour s'installer en Grande-Bretagne ou en Belgique. Il faut avoir le courage de prendre les bonnes mesures, même si elles ne sont pas comprises sur le moment. Le bouclier fiscal ne représente que 220 millions d'euros et la gauche qui avance le chiffre de 15 milliards d'euros par an est d'une absolue mauvaise foi. C'est une escroquerie. Ces 15 milliards d'euros sont, en réalité, essentiellement destinés aux Français modestes et aux classes moyennes, à travers les heures supplémentaires, les réductions d'intérêts d'emprunts pour l'acquisition d'un logement et la quasi-suppression des droits de succession.

A propos de ce bouclier fiscal, Nicolas Sarkozy a évoqué des "erreurs de communication". En prenez-vous votre part?
J'assume ma part d'erreur! Je regrette notamment de ne pas avoir été, à l'époque, plus offensif face à une gauche qui travestissait la vérité avec des chiffres et des arguments archi faux. Nous aurions dû combattre ce discours mensonger et irresponsable avec plus de fermeté. J'ai pensé qu'il était tellement éloigné de la réalité qu'il ne prendrait pas dans l'opinion publique. J'ai eu tort.

Coupant court aux rumeurs de mésentente, Nicolas Sarkozy a parlé de vous comme d'un "bon premier ministre" avec lequel il dit travailler "la main dans la main". Un service minimum?
Nous vivons une situation étrange où quand le Président a des paroles aimables à l'égard de son premier ministre, c'est insuffisant, et quand il n'en a pas c'est que notre relation est difficile. Nous avons, avec Nicolas Sarkozy, une relation confiante, ancienne, qui résiste à la gravité de sa charge et aux exigences de ma fonction. Le Président me connaît assez pour savoir que je suis fidèle, loyal, sans être courtisan. Qu'il y ait eu, entre nous, des moments de tension compte tenu de la charge de travail qui est la nôtre, c'est normal. Qu'il y ait eu des débats préalablement à l'élaboration de positions communes, là aussi, c'est normal.

Nombreux pourtant sont les ministres qui disent que les arbitrages se font dorénavant à l'Elysée au détriment de Matignon.
L'équilibre entre l'Elysée et Matignon correspond au couple que nous formons avec Nicolas Sarkozy. Le Général de Gaulle centralisait beaucoup. Valéry Giscard d'Estaing envoyait de nombreuses lettres de mission à son premier ministre. Il n'y a rien de nouveau dans la situation actuelle. Des réunions ont lieu à l'Elysée durant lesquelles s'élabore la ligne gouvernementale. Ensuite Matignon fait son travail d'arbitrage, assure la cohérence budgétaire. C'est un partage du travail normal entre un Président de la République investi par les Français, qui assume pleinement ses responsabilités, et un premier ministre à qui il revient d'assurer le fonctionnement quotidien de la machine gouvernementale.

De nombreux couacs gouvernementaux sont intervenus ces deniers mois. Un manque de cohérence entre l'Elysée et Matignon?
Ces "couacs" sont pour l'essentiel des couacs de faible importance quand on pense, par exemple, à ce qui se passait avec la majorité plurielle de Lionel Jospin. Ce qui a pu toutefois poser problème, c'est leur répétition. Avec le président de la République nous l'avons dit de façon vigoureuse aux ministres concernés. Ces couacs sont aussi dus au fait que nous faisons beaucoup de réformes à un train rapide. La rapidité d'exécution conduit parfois à faire des erreurs. Je préfère qu'il y ait quelques erreurs mais qu'on ne freine pas l'exécution des réformes.

Ces incidents rendent parfois la politique gouvernementale illisible: la carte de famille nombreuse et la réforme des allocations familiales...
La carte SNCF a donné lieu à une mauvaise appréciation de ma part. Il y a eu une erreur. Je l'assume. Elle a été corrigée. Le processus de décision a, sans doute, été trop précipité. En revanche je nie tout couac à propos des allocations familiales. La réorganisation des allocations familiales est une réforme annoncée par le Président, et validée par le Parlement en octobre dernier. Elle consiste à donner plus aux enfants à partir de 14 ans et plus à la petite enfance. Sans faire la moindre économie sur les sommes versées aux familles.

Des couacs sur le fond et sur la forme. Rama Yade ou Nathalie Kosiusko-Morizet auraient dues être "sanctionnées" a reconnu Nicolas Sarkozy. N'était-ce pas votre rôle?
C'est une décision qui se prend d'un commun accord avec le président de la République. J'ai demandé à Nathalie Kosiusko-Morizet de faire des excuses. Ce qu'elle a fait. C'était un avertissement. L'affaire est close. Comme l'a indiqué le Président, chacun sait qu'à l'avenir, après les avertissements, les sanctions seront lourdes, même si un gouvernement n'est pas une armée de godillots mais des hommes et des femmes choisis en raison de leurs convictions.

Nicolas Sarkozy a annoncé la généralisation du RSA en 2009. Une mesure que vous jugiez trop coûteuse...
Cette mesure figurait dans notre programme. J'en suis un ardent défenseur. Mais parce que la France est un des pays qui a les dépenses sociales les plus élevées au monde, il n'est pas question d'augmenter leur volume. Le dispositif imaginé par Martin Hirsch permettra de reconcentrer les politiques sociales comme le RMI ou la Prime pour l'emploi.

La redistribution de cette prime pour financer le RSA ne va t-elle pas déshabiller les plus modestes pour habiller les plus pauvres?
La prime pour l'emploi (PPE) bénéficie aujourd'hui à près de 9 millions de Français. Son effet est souvent faible du fait de sa dispersion. Nous souhaitons qu'elle soit reconcentrée sur ceux qui en on le plus besoin.

Combien de personnes pourraient toucher le RSA en 2009, et à combien estimez-vous le coût final de cette réforme?
Entre trois et quatre millions de personnes sont concernées par cette mesure dont le coût total n'est pas encore complètement évalué. Mais c'est une opération très lourde.

Des régularisations de travailleurs sans papiers sont en cours. Combien pourraient avoir lieu?
Quelques centaines, pas plus. Nous sommes totalement opposés aux régularisations massives. Le président de la République a eu raison de dénoncer l'hypocrisie de certains chefs d'entreprise qui recrutent des clandestins pour, ensuite, demander leur régularisation. Le chef d'entreprise se doit de respecter la loi. Comme n'importe quel Français. Quand il recrute un salarié, il doit vérifier s'il est en règle. Régulariser tous les salariés en situation illégale serait une incitation à les recruter plutôt que d'embaucher ceux qui ont des papiers. Ce serait la négation de toutes les lois de notre pays.

La manifestation des fonctionnaires et des enseignants annoncée le 15 Mai vous inquiète-t-elle?
L'avenir de l'Etat passe par le retour à l'équilibre des comptes publics. La réduction des effectifs de la fonction publique est une nécessité absolue, incontournable, quels que soient les discours démagogiques de l'opposition. Un Etat qui cède à la première pression venue est un Etat qui ne se respecte pas.

Êtes-vous aujourd'hui un premier ministre heureux?
Pour la première fois depuis vingt ans, un Président et sa majorité vont tenir leurs engagements même si c'est difficile. Je ne sais pas si je suis heureux, ce mot ne s'adapte pas à la fonction que j'occupe, mais je suis fier de servir notre pays.

Publié par tricolor à 22:41:22 dans France | Commentaires (0) |

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